Texte : Conviction.
Conviction ?
Parfois une part de nous change. Pourtant on s’était souvent dit : « non, je ne changerai pas mon attitude sur ce point ».
On avait alors cette certitude, celle qui avait été pensée, mûrie par les expériences et les observations de la vie.
En constatant ce revirement, on peut se sentir bête de ne pas avoir davantage réfléchi auparavant ou bête de changer et d’aller à l’encontre d’une conviction passée.
On peut aussi se sentir bien de s’être trouvé, au moins sur ce point, et même, rire de cette entourloupe du destin.
Cette mutation interne sera imperceptible pour la plupart de nos relations. On modifiera notre façon d’être mais seulement dans certaines situations, soit rarement. Quand cette fluctuation sera mise en évidence, certains se diront que c’est un mauvais jour et qu’on doit avoir un pet de travers. D’autres, moins intimes, penseront qu’ils se sont trompés sur notre compte. Enfin, les derniers y trouveront un avantage.
Après avoir expérimenté ce changement avec sa manière de vivre, cela ne nous empêchera pas de revenir en arrière. Cette éventualité avérée pourra troubler autrui sans qu’il puisse en déterminer la nature exacte.
Tout en nous regardant de façon interrogative, ou en réfléchissant discrètement, celui qui était content, pourra nous tourner le dos et les autres seront ravis de nous retrouver comme avant, pour peu qu’ils nous soient restés fidèles.
La date de cet avant ne sera pas aisée à déterminer pour tout à chacun ayant observé une réponse inattendue à un moment précis, précis mais un peu flou pour ne pas dire opaque dans ses souvenirs. On ne peut pas se rappeler de tout et encore moins de ce qui peut être pris pour un état d’âme de nos relations ou de nos connaissances.
Cette permutation peut d’ailleurs n’être qu’un état d’âme causée par un évènement ou par l’attitude d’un proche qui a ricoché âprement sur nous, ayant pour conséquence de faire souffler un sentiment de révolte mesurée ou pas, suivant la personnalité de chacun.
Permutation, changement, état d’âme, ainsi va l’être sur son bonhomme de chemin.
Une chose est sûre, ce qui ne change pas c’est ma façon de prendre la plume quand une idée fugace, venue de je ne sais où, me passe par la tête. Après m’en être saisie, il suffit que je laisse ma plume naviguer librement dans les méandres des affluents des mes pensées, au lieu de la laisser tomber dans l’oubli.
Le 12 avril 2018.
