Mini le moineau a faim.
Mini le moineau a faim.
Mini, le moineau est né sur une aire d’autoroute.
Tous les jours, en compagnie de sa grande famille, il attend que des voyageurs s’arrêtent pour leur chiper quelques miettes.
Certains, généreux, offrent même de gros morceaux.
À ce moment là, c’est le plus rapide qui se gave et remplit son ventre. À moins qu’un moineau fort et rusé ne s’empare de toute l’obole puis s’envole et vole dans un coin tranquille pour se restaurer.
Ce matin, il n’y aucun humain à l’horizon. Tout est étrangement calme. Les vrombissement ont pratiquement disparu. Il n’y a plus aucun klaxon.
Mini apprécie le silence. Il peut converser avec des congénères, même ceux qui sont un peu éloignés. Et puis, l’air est plus pur. Cela fait du bien.
Cependant, il n’y a presque plus de restes des repas des hommes.
Mini n’a pas l’habitude de se nourrir autrement, ses parents non plus.
Bien sûr, ils savent trouver quelques vers et attraper des insectes mais, ici, il n’y a pas beaucoup de verdure. Pour eux c’est juste une friandise. Cela ne suffira pas à nourrir toute la population.
Le soir les ventres crient famine. Mini a faim.
« Ha ! Si seulement, je pouvais trouver une frite oubliée », pense t’il.
Le lendemain, un conseil des moineaux est ouvert. Mais que se passe t’il ? Pourquoi les humains ne voyagent-ils plus.
Attirée par le vacarme des piaillements interrogatifs, Pipelette la pie s’invite au conseil. Elle relate que, partout où elle va, c’est pareil. Les homme restent confinés chez eux.
Elle a entendu dire qu’une maladie, aussi grave que la grippe aviaire, affecte les humains.
Elle va essayer d’interroger les oiseaux migrateurs.
Mais avant, face aux cris des petits affamés, Pipelette se transforme en professeur. Elle apprend aux moineaux à s’éloigner de l’aire où ils ont toujours vécu. « Comme c’est beau ici », pense Mini en se retrouvant au milieu de la nature.
Le soir, les ventres sont pleins. Les repas ont été délicieux. Même si se nourrir demande plus d’efforts, pour la colonie de moineaux tout s’arrange.
Quelques jours plus tard, Pipelette revient. Elle apporte des nouvelles du monde.
— Le mal se propage parmi les humains. Les homme s’enferment.
— Comme ils le font avec les volailles en cas de grippe aviaire, dit le grand Sage.
— Mais alors, c’est très grave. Ils doivent être en train d’éliminer tous les malades pour arrêter l’épidémie, comme ils le font avec les animaux, ajoute t’il.
— Non. Ils essayent de se soigner.
Le 19 mars 2020.
PS : Je crois, qu'en ce moment, ma plume est inspirée par la triste actualité.


