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Texte illustré : Juste un mot à dire.

Publié le par Isabelle Renée Chevalier

Dessin au crayon modifié avec l'ordinateur.

Dessin au crayon modifié avec l'ordinateur.

Juste un mot à dire.

 

 

 

De son regard sombre, elle fixe le grand écran placé devant elle. Son visage, entouré de sa chevelure grise et raide, marque une plongée dans la tristesse.

Son oreille droite est tournée vers la radio muette.

 

Dans son fauteuil élimé, vert, celui qui partage sa vie depuis si longtemps, demeure immobile. Ses yeux, qui ont gardé leur bleu profond, semblent figés sur les vitres de la fenêtre.

Quelques oiseaux volètent dans le jardin recouvert de givre. Dans l’immobilité de ses prunelles, les perçoit-il ?

 

Tandis que le silence martèle les esprits et l’espace, des soupirs montent puis s’étirent comme si les murs suintaient de gémissements.

Le vide habite les lieux. Pourtant il suffirait que l’un des « vieux » prenne la télécommande de la boîte à loisirs pour que tout change… en apparence.

Le noir quitterait la télévision, les sons la feraient vibrer. La radio en pâlirait d’envie.

 

Mais ils se sont lassés de cette ouverture sur le monde qui les enferme dans leur quotidien à deux, dans leur monotonie à deux, dans leur univers clos.

Le seul qu’ils voudraient voir se réveiller somnole. Le seul mot qu’ils ont envie de prononcer n’a pas lieu d’être.

De temps en temps ils se regardent.

— Ça va ?

— Oui et toi ?

— Oui.

 

Ils se lèvent. Ils s’enlacent. Quel bonheur !

Elle prend son tricot. Ses doigts n’ont pas d’entrain. Il ouvre son journal. Il le survole.

 

Le seul qu’il voudraient voir se réveiller somnole encore. Le seul mot qu’ils ont envie de prononcer n’a toujours pas lieu d’être.

 

La musique s’élève soudain. Une main, un pied battent la mesure.

Les yeux se ferment. Le temps passe.

 

À l’heure du souper, la vie s’anime. Ils aiment partager le potage, le fromage et le pain dans la chaleur de leur foyer.

 

Au moment du coucher, le seul qu’ils auraient voulu entendre s’est tu. Le seul mot qu’ils ont envie de prononcer n’a pas eu d’écho. Ils se serrent l’un contre l’autre.

Demain, qui sait ?

 

Bien sûr, ils auraient pu prendre l’initiative. Mais le répondeur aurait augmenté leur impatience. Ils en ont déjà fait l'expérience.

 

Demain peut-être ils pourront dire « allo ! » à un de leurs enfants.

 

 

2017.

 

 

Il suffit de si peu parfois.

 

 

Publié dans Textes illustrés.

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Poésie : Les cheveux de chez nous.

Publié le par Isabelle Renée Chevalier

 

 

 

Les cheveux de chez nous.

 

 

Mes charmantes mamys se font des frisottis

Tandis que mes papys, gominent leurs épis ;

Huguette ma tata, prend soin de ses baguettes,

Aux frisées convoitant leurs boucles et bouclettes.

 

La touffe de papa un beau jour décampa,

Et personne jamais ne la rattrapera ;

Les couleurs de maman parfois ratées m’étonnent

Surtout qu’au fil du temps, ses racines détonnent.

 

Les cheveux de chez nous, oh !  C’est toute une histoire,

De quoi rire un bon coup, ça vous pouvez me croire !

 

Le toupet de Marcel a un drôle d’aspect

Mais gare aux impolis lui manquant de respect !

Il a, l’été dernier, agrippé par les nattes,

Ma sœur qui, pleurnichant, regagna nos pénates.

 

L’oncle Luc n’aime pas les bourrasques de vent

Son panama blanchi, il le porte souvent,

Je sais que le barbu n’a qu’une seule frousse :

L’envol inopiné de sa postiche rousse.

 

Les cheveux de chez nous, oh !  C’est toute une histoire,

De quoi rire un bon coup, ça vous pouvez me croire !

 

Ma cousine Manon est la pro des chignons,

Elle y perche parfois sa paire de lorgnons,

Mon parrain policier, depuis qu’il est tout gosse,

A toujours conservé une coupe à la brosse.

 

A cause de mes tifs tout le temps en pétard

Je suis, chaque matin, à l’école en retard ;

Hier j’ai tout rasé pour faire une surprise,

Mes parents sidérés ont piqué une crise.

 

Si ma boule a à zéro a fait bien des histoires,

Je me suis bien poilé, ça vous pouvez me croire.

 

 

Le 06 septembre 2017.

 

 

 

Toute ressemblance avec des personnes existantes ou ayant existé

serait purement fortuite.

 

 

 

Publié dans Poésies illustrées.

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Poésie : Les roches rouges.

Publié le par Isabelle Renée Chevalier

Poésie : Les roches rouges.

 

Les roches rouges.

 

 

En notre beau pays, il est certains rivages

Qui sont à découvrir pour vivre le plaisir

D’admirer des tons bleus, limpides à ravir,

Dont les gais mouvements s’éteignent sur les plages.

 

Le Trayas est ainsi un lieu de promenade

Quand sous un chaud soleil, rougeoie chaque rocher,   

Flattant le bord de mer pour nos yeux accrocher,

Dans l’éclaboussement d’une vague nomade.

 

Le regard peut capter une douce quiétude,

Qui survole en planant l’onde et ces doux reflets,

Brillants de liberté dans de mouvants ballets,

Charmant les voyageurs avec leur multitude.

 

L’esprit ensorcelé se pare de silence

Pour goûter pleinement à la sérénité,

Avant de savourer comblé de volupté

La douceur des refrains de l’anse et sa romance.

 

 

Le 09 août 2016.

 

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Poèsie de Haïkus : Météo.

Publié le par Isabelle Renée Chevalier

Une photographie d'un escargot de mon jardin.

Une photographie d'un escargot de mon jardin.

Météo.

 

 

L’été dort encore

Sous la pluie qui se déverse,

La fleur est chagrine.

 

Les sols sont rivières

Quand juin sue à grosses gouttes,

Les yeux sont en larmes.

 

Le soleil attend

Que les nuages s’éloignent,

La chandail réchauffe.

 

L’escargot avance

Lentement à son rythme,

Les gouttes chantonnent.

 

 

Le 21 juin 2016.

 

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Poésie acrostiche : MARAIS.

Publié le par Isabelle Renée Chevalier

Majestueux dans l’air brumeux,

Apprêté par l’aube mystère,

Réapparaît le lieu mouvant.

Au cœur des babils de la vie,

Impatientes au matin blafard,

Se glissent les rumeurs des rames.

 

Magnifié de rais mielleux,

Avec paix et fort caractère,

Respire ce monde ondoyant.

Amoureux le crapaud convie,

Invité d’un grand nénuphar,

S’étalant parmi les calames.

 

 

Le 08 juin 2017.

 

 

 

 

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Peinture à l'huile : Une fontaine en Provence.

Publié le par Isabelle Renée Chevalier

Peinture au couteau et aux pinceau, réalisée à partir d'une photo personnelle.

Peinture au couteau et aux pinceau, réalisée à partir d'une photo personnelle.

Publié dans Peintures à l'huile.

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Poésie : Mes nuits.

Publié le par Isabelle Renée Chevalier

Illustration du poème "Mes nuits".

Illustration du poème "Mes nuits".

Mes nuits.

 

 

Envahies de tourments, mes nuits erraient naguère,

Transformant mon esprit en vagabond du soir, 

Traînant au cœur du noir, à mon grand désespoir,

Conservant de mes jours des reflets de galère.

 

Insomnies, cauchemars, affres en parodies

Me sortaient hors du lit pour écrire ou pleurer ;

L’horloge et son tic-tac tentaient de m’écœurer,

Ressuscitant alors mes épreuves enfouies.

 

Ressentant en mon cœur battre la solitude,

Malgré ce cher époux à qui j’avais dit oui,

Mais dont les fleurs d’amour se fanaient dans l’oubli,

J’osais un premier pas vers une finitude.

 

Recommençant de rien, la houle prit ma couche ;

Éveils et grands sommeils s’imposant tour à tour,

Puis dame volonté vint me faire la cour :

Chaque hésitation se vit botter en touche.

 

Repartant d'un bon pied, effaçant chaque cerne,

Dés lors un beau galant me soutint vaillamment.

Je fis peu à peu fi du moindre bâillement,

En chassant mes démons jusqu’à les mettre en berne.

 

Dans un coussin moelleux, je plongeai mon visage,

Insomnies, cauchemars, je vous tournai le dos,

Je redevins l’enfant adorant ses dodos ;

Morphée tout en douceur, me traça un sillage.

 

Quand dans ces temps nouveaux, une insomnie me hèle,

Tenaillant mon esprit, cousant mes yeux ouverts,

C’est qu’au sombre d’un soir, la vie va de travers

Ou qu’une impulsion mon calame interpelle.

 

J’accepte en composant quand le sort se déchaîne,

Attendant qu’un bonheur enterre ce revers,

Mais si, pleine d’allant, je dessine des vers,

Je m’adonne hors du temps à cette envie soudaine.

 

 

Le 07 mai 2017.

 

Publié dans Poésies illustrées.

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Poésie : La pêche au gros.

Publié le par Isabelle Renée Chevalier

Illustration de mon poème "La pêche au gros."

Illustration de mon poème "La pêche au gros."

La pêche au gros.

 

Un bateau en plomb sur l’eau pure

Danse dans le vent coloré,

Sous le chaud soleil mordoré,

Le temps embaume l’aventure.

 

Avant de commencer leur pêche

Les poissons bronzent sur le pont,

Tandis que nagent vers le fond

Des bancs d’hommes dans l’onde pêche.

 

Dans les filets la proie s’affole,

Mais c’est mon homme qui est pris !

Effrayée, je pousse des cris

Puis, du cauchemar, je rigole.

 

Le 27 avril 2017.

Publié dans Poèsies et dessins.

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Poésie : Un premier pas vers la liberté.

Publié le par Isabelle Renée Chevalier

Illustration de mon poème : Un premier pas vers la liberté.

Illustration de mon poème : Un premier pas vers la liberté.

Un premier pas vers la liberté.

 

Ça y est !

Enfin.

J’ai mis les deux pieds dans la réalité,

Il était tant !

 

La vie, ma vie, va continuer

Différente,

Constructive,

Et je serai libre.

 

Libre de refuser

Sans me justifier,

Sans me culpabiliser,

Afin de suivre mes désirs.

 

Libre d’écrire.

De garder ces mots pour moi,

Ou de les faire lire

Si je veux,

En toute sérénité.

 

C’est grisant ce sentiment !

Étonnant comme découverte !

C’est la résultante de ce « non »

Qui résonne enfin !

 

Pour commencer à me dire « oui », à moi,

Une première fois,

Une seconde fois

Puis encore et encore !

 

Ce n’est pas oublier l’autre,

Les autres.

C’est partager sans s’omettre

Dans la liberté d’être soi.

 

Le 26 octobre 2006. (Poème retravaillé en 2017)

 

 

 

Publié dans Poésies illustrées.

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Tricots : Deux grands lapins de Pâques.

Publié le par Isabelle Renée Chevalier

Montage photo pour présenter mes lapins de Pâque tricotés qui se promènent dans un jardin.

Montage photo pour présenter mes lapins de Pâque tricotés qui se promènent dans un jardin.

Les tricoteuses qui aiment créer des décorations de fêtes, doivent connaître les lapins de Pâques réalisés à l’aide de carrés crochetés ou tricotés.

Cette année, j’ai confectionné deux grands spécimens de ces charmants animaux.

Habituellement, des pompons forment les queues et les pattes avant mais j’ai préféré les faire au tricot.

Ces lapins bleus sont destinés à des petits garçons.

Deux grands lapins tricotés.

Deux grands lapins tricotés.

Publié dans Tricots.

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